Oui bravo !
JIR :
VTT Descente
Sicard, mieux vaut tard
CLICANOO.COM | Publié le 30 août 2009
“Enfin !” Les premiers mots de Patrick Sicard trahissent évidemment son impatience. Hier, sur la piste de Pra Loup (Alpes de Haute-Provence), le licencié du VCSD jubile. À 53 ans, il a obtenu un titre à mettre tout en haut d’un CV. Pour l’obtenir, il en a bavé. En 2006, premiers championnats du monde pour lui, au Canada. “La piste ne me plaisait pas.” En 2007, il recommence. À Pra Loup, déjà. Mais terminée aux urgences : “À l’entraînement, sur le dernier saut, je me prends une rafale de vent. Je retombe mal, je me pète les ligaments croisés. Ça m’avait foutu les boules, j’étais reparti en pleurs.” Opération à Paris et rééducation ont marqué l’année suivante. “Puis j’ai recommencé la saison, je me suis entraîné à nouveau.”
“La Marseillaise juste pour moi !”
Avec, comme objectif, un retour à Pra Loup, et beaucoup de certitudes cette fois : “Aux championnats de France Masters, je finis quatrième, alors que j’étais avec les plus vieux. Ça se présentait pas mal…” Au moment des premiers coups de pédale, pas d’appréhension, pas d’images de douleur qui reviennent en tête. Ou presque : “J’ai vite oublié tout ça, c’est sorti de ma tête.” Hier matin, il terminait deuxième de la manche de classement, juste derrière Jean-Luc Lescure. Vous avez dit Lescure ? “On se connaît, il a déjà couru à la Réunion ! Je me rappelle, on se tirait déjà la bourre avant. Là, il avait la pression, avec son meilleur temps. Moi, j’ai refait le même chrono, lui, il a craqué, il a fait des erreurs.” Malgré quelques trémolos dans la voix, Patrick reste plutôt serein : “La piste n’avait rien de vraiment monstrueux. Il y a beaucoup d’endroits à la Réunion plus difficiles. Le plus dur était de prendre de la vitesse : c’est à ce moment-là, que les difficultés sont créées.” À 53 ans, Patrick Sicard ne compte pas s’arrêter là. “J’irai sûrement jusqu’à 55 ans. L’an prochain, les championnats du Monde sont au Brésil, ça devrait être sympa. Après, on prendra un peu de temps pour la famille.” Déjà, il doit raccrocher le téléphone : “Je vais monter sur le podium, écouter la Marseillaise, juste jouée pour moi. Ça va être un grand moment, ça…”
L. C.